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Une vague rose déferle sur Haguenau


6 000 femmes en rose vont s’élancer ce vendredi dans les rues de Haguenau au départ d’une course et d’une marche de 5 km. L’objectif : récolter des fonds pour l’association “Cœur des Sables” et soutenir les personnes atteintes du cancer du sein. 

 

Après le succès rencontré par les 2 premières éditions, les organisateurs de la Haguenauvienne ont voulu voir encore plus grand. Cette année, 6000 femmes participeront à la course ou à la marche roses organisées pour l’occasion, soit 500 de plus que l’année dernière. En 2017, 45 000€ ont été récoltés pour l’association “Cœur des Sables”. 

 

Une association haguenovienne

En 2014, après de nombreuses années d’exercice, le Dr Stéphane Grandadam, chirurgien viscéral et digestif à Haguenau, et sa femme décident de créer une association pour améliorer le quotidien des malades du cancer en Alsace du Nord.
« Nous avions remarqué que les patients se retrouvaient souvent seuls », raconte-t-il. Tous deux sportifs, ils prennent l’initiative de faire parler de leur association à travers le sport. « Le marathon des sables en 2015 a été notre point de départ ». 

 

L’année suivante, la Haguenauvienne, qui vise à soutenir les femmes atteintes de cancer du sein, voit le jour et permet à cette association locale de bénéficier d’une visibilité et de fonds importants. «Tous ces fonds sont redistribués afin d’améliorer la vie des femmes nord-alsaciennes souffrant d’un cancer du sein». Grâce à cette course, différentes actions sont menées par l’association. « Nous avons distribué des pochettes bien-être à l’hôpital civil, destinées aux femmes opérées. Elles sont composées de produits de beauté, comme des crèmes pour les mains abîmées ou le visage, car les différents traitements fragilisent leur peau ». 150 femmes bénéficient de façon régulière des fonds recueillis. De nombreux ateliers sont dispensés les mardis et vendredis à Haguenau. « Il suffit pour ces femmes d’adhérer à l’association pour pouvoir participer à tous ces ateliers gratuitement » ajoute Stéphane Grandadam. Sophrologie, massages, yoga, pilate, marche nordique, cours de cuisine, groupes de paroles et beaucoup d’autres… 

 

« Nous essayons de répondre à la demande des femmes, d’organiser des ateliers qui les intéressent. Pour elles, c’est une bouffée d’oxygène, elles se retrouvent et ne se sentent plus seules ». 

 

Du bien au corps et au moral

C’est exactement le ressenti de Marion*. Il y a 2 ans, en allant chercher sa petite-fille à l’école, elle tombe sur une annonce.
« Une journée Octobre Rose était organisée, avec une conférence et des ateliers. J’y ai participé et je me suis inscrite dans la foulée» se souvient-elle. Après son 1er cancer en 2005, elle a toujours voulu se dépasser en participant aux différentes éditions de la Strasbourgeoise ainsi qu’à un marathon. 

 

« C’était l’occasion d’essayer autre chose. J’étais d’abord un peu timide. Je pensais que nous n’allions que parler de la maladie. Mais finalement, c’est une fête de se retrouver toutes les semaines. Cela me fait du bien au niveau physique, mais aussi au niveau psychique. Par exemple, le pilates renforce nos muscles, et nous avons souvent des fous rires ! » se réjouit-elle. « Lorsque l’on est en chimio ou en hormonothérapie, nous pouvons souffrir d’effets secondaires au niveau des articulations et des muscles, qui ne nous donnent pas envie de faire du sport. Ici les ateliers sont adaptés, et les sports sont doux. On fait ce qu’on peut et on ne se compare pas. On n’a pas d’objectifs à atteindre ».

 

Marion* est une marathonienne, et donc une « battante », comme elle aime  se définir. Mais elle sait que toutes les femmes ne sont pas dans son cas.
« Certaines personnes ont besoin qu’on les entoure, et ces ateliers me permettent aussi de me sentir utile, de prendre une personne sous mon aile. C’est un bonheur de rencontrer ces femmes et de faire du sport avec elles ». 

 

Elle regrette par ailleurs de ne pas avoir pu bénéficier de ces ateliers plus tôt. « En 2005, après 37 séances de radiothérapie accompagnée, on m’a dit merci et au revoir, et du jour au lendemain j’étais livrée à moi-même : pas de psy, pas de groupes de parole. J’apprécie donc cette prise en charge, ce soutien ». Marion* souligne également la gratuité de ces activités :
« Quand on est malade, au bout de 6 mois, nous ne percevons plus que la moitié de notre salaire, et nous n’avons pas toutes les moyens de s’inscrire à plusieurs activités ».
Au sein de l’association, elles sont toutes logées à la même enseigne. « Notre objectif est de se retrouver, d’être bien ensemble, de pouvoir être un peu active et tout simplement oublier la maladie et rire ensemble. On se retrouve même en dehors pour aller manger, marcher ou courir ». 

*le prénom a été modifié

 

Un livre en hommage à ces femmes et médecins

Tout au long de ses 20 années au sein du service oncologie, Yolande Thomassin, Haguenovienne, a côtoyé de nombreux patients et médecins. « Ce fut l’occasion de rencontrer beaucoup de femmes atteintes de cancer du sein. Elles m’ont fait part de leur optimisme, de leurs souvenirs joyeux, et j’ai décidé de regrouper les témoignages de ces femmes fortes au sein d’un livre » raconte-t-elle. « Les médecins m’ont raconté eux aussi ce qu’ils ressentaient. Ils sont souvent plus sensibles et fragiles que ce que l’on pense. Je souhaite donner ce livre aux patientes comme un espoir, et de leur faire part de tout cet optimisme. La couverture représente une femme qui porte son regard vers l’avenir avec un sourire. Elle a été réalisée par Pierre Berard, qui fabrique ses propres peintures. Ce jeune artiste a eu l’idée de remplacer le bandeau de chimiothérapie de cette femme par des fleurs ». 

 

Sophie, Jennifer, Yamina et les autres. Quand sert la parole, paraît aux éditions SYYO à l’occasion d’Octobre Rose.   


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