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Pour le droit des femmes et des familles


Maxi Flash a poussé pour vous les portes du CIDFF 67, le Centre d’Information pour les Droits des Femmes et des Familles du Bas-Rhin. Depuis 43 ans, il intervient pour favoriser l’autonomie professionnelle, sociale et personnelle des femmes, et promouvoir l’égalité entre les sexes. Présentation.

 

Parce que les droits des femmes ne peuvent être résumés en une journée comme celle du 8 mars, et qu’un #metoo ne peut rendre compte à lui seul des violences sexistes et autres inégalités entre les femmes et les hommes, MaxiFlash s’intéresse aujourd’hui aux Centres d’Information pour les Droits des Femmes et des Familles (CIDFF). 

 

La parole est donnée à une femme engagée : Josiane Peter, qui dirige le CIDFF du Bas-Rhin depuis 2002.

 

Les CIDFF, c’est quoi ?

Le 1er centre est né en 1972 à Paris à l’initiative de l’Etat. A l’origine, il s’agissait d’un Centre d’Information Féminin. Très rapidement, dans les années qui suivirent, plusieurs CIF régionaux émergent à la demande des collectivités territoriales ou d’associations. Après plusieurs changements de nom, ils deviennent des CIDFF – Centres d’Information pour les Droits des Femmes et des Familles – au milieu des années 2000.

 

Aujourd’hui, il existe 111 CIDFF en France. Ce sont des associations dont le but est de favoriser l’autonomie sociale, professionnelle et personnelle des femmes, et de promouvoir l’égalité entre les femmes et les hommes.
Ils exercent en cela une mission d’intérêt général confiée par l’Etat.  

 

Chaque année, les CIDFF reçoivent plus de 470 000 personnes et répondent à plus de 880 000 demandes d’information. 

 

Le CIDFF du Bas-Rhin

L’Alsace est parmi les 1ères régions à avoir vu s’implanter un CIF. C’est la conseillère municipale Monique Becker qui le crée en 1975, à Strasbourg (celui du Haut-Rhin est créé à Mulhouse en 1982). Il devient CIDFF en 2006, et est actuellement présidé par Léa Toledano, avocate en droit civil et droit de la famille à Strasbourg et Haguenau. 

 

Le CIDFF 67 fonctionne grâce à une équipe pluridisciplinaire composée d’une vingtaine de professionnels salariés : juristes, chargés d’insertion professionnelle, conseillers en économie sociale et familiale, conseillers conjugaux, médiateurs familiaux… « L’association a développé un professionnalisme qui lui permet de diagnostiquer les besoins des publics accueillis, et de s’adapter aux constantes mutations économiques et sociales », souligne Léa Toledano. L’information est gratuite et confidentielle, et peut être dispensée en entretien individuel ou collectif. 

 

Le CIDFF du Bas-Rhin opère grâce à des partenaires institutionnels, comme la Délégation Régionale aux Droits des Femmes et à l’Egalité, le Fonds social européen, le Conseil Départemental, les ComCom, les villes, la CAF, la MSA Alsace et Pôle Emploi. Il travaille également en étroite collaboration avec de nombreuses associations.

 

Pour déployer plus largement son action, une antenne du CIDFF 67 a été créée à Haguenau en 1996. Et en plus de cela, les équipes se déplacent pour des permanences juridiques à Bischwiller, Saverne, Schirmeck, Sélestat, et Wissembourg.

 

Domaines d’intervention pluriels

Au quotidien, le CIDFF 67 offre un accueil personnalisé, informe, conseille et oriente en priorité les femmes mais aussi les familles qui en ont besoin, pour toute question relative à l’accès aux droits, l’emploi, la formation professionnelle, la création d’entreprise, la vie familiale, la parentalité, l’éducation ou la sexualité. 

Divers ateliers et formations sont proposés, par exemple pour apprendre à rédiger un CV ou connaître les différents modes de garde pour son enfant. 

 

Un gros pan de l’association consiste aussi à gérer des cas de violences faites aux femmes. Chaque année, elle traite plus de 300 demandes en la matière, soit plus d’une par jour en moyenne. Concrètement, le CIDFF agit en animant des groupes de parole, et met en place des journées de formation destinées aux professionnels pouvant entrer en contact avec des femmes victimes de violences : personnels de santé, intervenants sociaux, avocats, enseignants, forces de l’ordre, éducateurs, élus, responsables de centres communaux d’action sociale, membres d’associations, de centres d’accueil, d’hébergement… Les conséquences sur les enfants témoins de violence sont aussi prises en charge, par exemple via un accompagnement psychologique.

Rien qu’en 2017, 9000 personnes ont bénéficié des conseils du CIDFF dans le département.

 

Interview de : Josiane Peter, Directrice du CIDFF du Bas-Rhin 

Comment en êtes-vous arrivée à vous engager pour les droits des femmes ?

De par ma formation déjà. Je suis psychologue; avant le CIDFF, j’ai proposé des actions spécifiques d’insertion professionnelle pour les femmes, et j’ai travaillé auprès de femmes victimes de violence. Mais aussi pour des raisons plus personnelles. Ma mère, par exemple, n’a pas pu choisir un métier, c’était priorité aux hommes, aux frères. Les femmes c’était plutôt l’école ménagère. Je pense que ça m’a incitée à faire en sorte que déjà moi, j’ai un métier qui me plaise, mais aussi à un engagement associatif. L’association est pour moi une structure qui permet de proposer des actions concrètes et d’être proche des besoins des personnes. C’est donc naturellement que je me suis retrouvée au CIDFF.

 

Sur quels points y a-t-il le plus d’inégalités hommes-femmes aujourd’hui ?

Je le précise toujours, on a tendance à mettre les hommes d’abord, mais on préfère parler d’inégalités femmes-hommes, par ordre alphabétique, sans parti pris. Les inégalités les plus criantes sont en termes de salaires. Les femmes sont beaucoup à temps partiel, parfois elles manquent de confiance en elles pour prendre des responsabilités, certains employeurs ne voient que le côté absence pour cause de maternité… Au niveau de l’orientation, même si les filles réussissent mieux à l’école jusqu’au Bac, après elles font des choix restrictifs dans les domaines du social, de la santé, de l’enseignement, des services tertiaires et administratifs, donc des secteurs qui ne sont pas des plus rémunérateurs. Alors que dans les secteurs plus techniques, scientifiques, informatiques, numériques, il y a des possibilités d’emploi, les entreprises souhaitent embaucher des femmes, mais très peu se présentent finalement.

Autre inégalité : selon les chiffres, les femmes gèrent en moyenne 80% des tâches éducatives et domestiques au sein de la famille. Il faut qu’il y ait un partage – je ne dis pas une aide, mais bien un partage – car chacun du couple est co-responsable de la prise en charge de la maison, des enfants. Souvent au 1er enfant ça va encore, au 2e ça commence à être tendu et au 3e les femmes se mettent à temps partiel ou en congé parental. C’est un cercle vicieux, tant que ce sont elles qui gagnent moins, ce sont elles qui vont travailler moins ou plus du tout.

 

Comment faudrait-il agir pour réduire ces inégalités ?

Chaque personne peut agir au niveau de la famille. Par exemple pour les jouets, si on continue à acheter des dinettes, des poupées et des fers à repasser aux petites filles, ce n’est pas ça qui va les pousser vers les métiers du numérique plus tard. Les garçons ont des jouets de construction, de réflexion, d’élaboration, qui les préparent à avoir une autre démarche. Ça change un petit peu mais la société, les médias, la publicité, ont tendance à maintenir les femmes et les hommes dans les rôles dans lesquels ils sont attendus. On pense que c’est naturel mais ce n’est pas le cas. Il faut agir dès le plus jeune âge.  C’est pourquoi au niveau du CIDFF, on intervient dans les milieux scolaires, en 5e ou même avant, pour sensibiliser au fait que les filles et les garçons aujourd’hui peuvent exercer tous les métiers, dans les 2 sens. 

Les parents ont aussi un rôle très important pour inciter les enfants vers des métiers non-traditionnels. Les filles peuvent faire du foot, reprendre l’entreprise familiale, créer une entreprise. Les garçons peuvent faire de la danse, et travailler dans le social… Tant qu’il n’y a pas de mixité dans les entreprises, les salaires n’évolueront pas ou peu. 

 

Quel poids les CIDFF ont-ils dans les prises de décisions politiques en matière de droits des femmes et d’égalité femmes-hommes ?

On est une des seules associations vraiment organisées en France en matière d’égalité entre les femmes et les hommes, on a du poids dans la mesure où on a une connaissance très fine des problématiques que rencontrent les femmes et les hommes dans notre société. On fait partie d’une Fédération nationale, composée de 111 associations comme la nôtre, on a une tête de réseau à Paris, le gouvernement nous consulte par rapport aux lois mises en œuvre. On n’est pas forcément suivis, mais on peut dire qu’on est entendus, on est sollicités par le Ministère à l’égalité entre les femmes et les hommes, représenté par Marlène Schiappa. 

 

La discrimination positive envers les femmes peut-elle avoir un effet pervers ou contre-productif ?

La discrimination positive a pour objectif de réduire les inégalités, par exemple entre les femmes et les hommes. Au CIDFF, nous avons une action d’accompagnement à l’emploi réservée aux femmes. En effet, elles sont confrontées à des problématiques spécifiques en matière d’accès à l’emploi, de problème de garde d’enfant, de mobilité, de qualification, d’interruption du parcours professionnel, de temps de travail, et de recherche de complément d’activité lors de la retraite… Tant que ces freins existent, la discrimination positive doit continuer.

 

Ne serait-il pas juste de prévoir également des centres d’information pour les hommes, par exemple pour venir en aide aux papas célibataires ou aux hommes lésés dans le partage de la garde de leurs enfants ?

Non, on n’a rien à gagner à opposer un centre pour les femmes et un autre pour les hommes. Nous sommes un centre d’information pour les droits des femmes et des familles. On intervient dans différents champs, avec l’objectif que les femmes et les hommes vivent de façon sereine et équilibrée en couple, en famille et en entreprise. On n’est pas contre les hommes, on est pour l’égalité entre les femmes et les hommes. Et cette égalité passe par l’accès aux mêmes droits et aux mêmes traitements, que tout le monde ait les mêmes choix, en avançant ensemble. Car tout le monde a quelque chose à y gagner, on n’enlève rien aux hommes, par exemple concernant le congé paternité, ça leur permet de trouver leur place dans la parentalité.

 

Quel message aimeriez-vous faire passer aux femmes d’aujourd’hui et surtout, de demain ?

Qu’elles osent ! Qu’elles osent faire des choix, prendre des responsabilités, et qu’elles aient confiance en elles, en leur capacité de travail et d’investissement, pour aller de l’avant. L’important c’est la liberté, sans préjugé, sans stéréotype. Elles sont l’égal des hommes. Il faut qu’elles prennent leur place et s’affirment davantage pour que cette égalité soit réelle.

 

CIDFF 67 24 rue du 22 Novembre à Strasbourg

CIDFF Haguenau 1 rue de la Vielle Ile  : 03 88 32 03 22 strasbourg@cidff67.fr - haguenau@cidff67.fr  


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