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Marc Halter, fort à propos


Né en 1958 en Allemagne où son papa était instituteur dans les forces françaises, Marc Halter est revenu en France en 1977. Professeur des écoles, il a pris sa retraite l’année dernière, ce qui lui permet de se consacrer pleinement à sa passion. 

 

Expert de la ligne Maginot et président du Fort de Schoenenbourg, son travail raconte la véritable histoire de cette fortification construite dans les années 30 près de Wissembourg. Le fort est situé sur les communes de Hunspach et d’Ingolsheim, à 4 kilomètres au nord de Soultz-sous-Forêts. Tous les ans, du 1er avril au 31 octobre, plus de 40 000 visiteurs découvrent ses 24 hectares, ses trois kilomètres de galeries souterraines et ses installations.

  

Comment cette passion pour le fort de Schoenenbourg et la ligne Maginot s’est développée chez vous ?

Dans les années 30, mon grand-père a travaillé dans la ligne Maginot, et mon papa y a été lieutenant en 1940. Quand j’étais adolescent, je les entendais parler de la ligne Maginot, de constructions, de combats. Ce qu’ils disaient n’était pas dans les livres d’histoire qui racontaient par exemple que la ligne Maginot n’avait servi à rien, que les Allemands étaient passés par la Belgique, que cela avait coûté des milliards, etc. Mon père et mon grand-père avaient une autre version. Je trouvais qu’il y avait là une forme d’injustice. En faisant des recherches, je me suis rendu compte que l’histoire officielle ne correspondait effectivement pas du tout à la réalité. Je me suis vraiment passionné par toute cette histoire, je suis très fidèle à mes idées, un combattant de l’injustice. Il fallait réécrire la vérité. Je suis rentré dans l’association des amis de la ligne Maginot d’Alsace en 1980, je suis devenu président en 1997.

 

En 2017 le site internet a reçu plus d’un million de demandes de renseignements, pourquoi suscite-t-il autant d’intérêts ? 

Le fort de Schoenenbourg est celui qui fut le plus bombardé lors de la Deuxième Guerre mondiale, en mai et juin 1940, il a pris plus de 3 000 bombes et obus. Contrairement à ce qu’on croyait, la ligne Maginot a fonctionné comme prévu, aucun gros ouvrage n’a été pris par l’adversaire. C’est la raison pour laquelle il y a un grand intérêt pour ces fortifications. Il y a les demandes touristiques, les horaires d’ouverture, les demandes techniques, beaucoup viennent sur le site lignemaginot.com pour télécharger des photos, des plans et des enseignements vraiment très techniques. Sur notre site nous évoquons également toutes les fortifications européennes et mondiales. Nous avons régulièrement des visiteurs qui viennent de Chine. On peut aussi visiter virtuellement le fort sur le site Internet.

 

Vous sentez-vous investi d’une mission ?

C’est une sorte de mission oui, une mission contre l’injustice, pour réhabiliter la mémoire des anciens. On a fait de la ligne Maginot le bouc émissaire pour expliquer la défaite de 1940, et ce n’est pas du tout le cas. On a oublié les combattants et leur acte de résistance, l’un des premiers en France, ils ont refusé de détruire et d’abandonner le fort, contrairement aux ordres. Cet épisode est passé sous silence, il faut rétablir la vérité : le 14 juin 1940 s’est tenu au fort de Schoenenbourg un conseil de guerre où il a été décidé de résister sur place dans l’esprit de la devise «On ne passe pas». 

 

Les forts, c’est votre vie…

Je me sens bien quand je suis dans un fort de la ligne Maginot. Quand la saison touristique est passée, j’ai toujours le besoin d’aller me promener dans les galeries parce que c’est très reposant et très énergisant. Celui de Schoenenbourg est le plus visité dans le monde, c’est un trait d’union entre les peuples. Nous en sommes très fiers.  


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