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Les réflexes de sécurité Inculqués aux jeunes


Prévention des risques, gestes de premiers secours, outils et métiers de la sécurité n’ont plus de secret pour les Cadets de la sécurité civile, dont un dispositif est expérimenté à Bischwiller sous la houlette des sapeurs-pompiers du département.

 

Le dispositif des Cadets de sécurité civile est né en 2015 à l’initiative du Ministre dl’Intérieur. Il a pour but de sensibiliser une classe, en général des collégiens, à tout ce qui concerne la sécurité civile, c’est-à-dire les différents acteurs, moyens d’Etat et comportements à adopter pour protéger les citoyens et faire face aux risques émanant du quotidien ou de situations exceptionnelles.

 

Bernard Cazeneuve a demandé que soit créée au moins une classe de Cadets dans chaque département, dès la rentrée 2016. Ce fut le cas du Bas-Rhin : 13 élèves de 4e et 3e du collège Sébastien-Brant à Eschau suivent actuellement leur 2e année de formation dispensée par les secouristes de l’Association Départementale de Protection Civile (ADPC67). Acteurs incontournables dans le domaine des secours d’urgence et dans la gestion des crises de sécurité civile, les sapeurs-pompiers du Bas-Rhin ont tenu, eux aussi, à s’engager dans ce dispositif. 

 

Bischwiller, un cas particulier

C’est ainsi qu’une classe un peu spéciale a vu le jour à la rentrée dernière : la 1ère classe de Cadets de la sécurité civile du Nord-Alsace mais surtout la toute 1ère à être pilotée par le Service Départemental d’Incendie et de Secours du Bas-Rhin (SDIS 67) – et plus particulièrement son Service Développement du volontariat et de la culture de sécurité civile, créé il y a un bientôt 2 ans. Treize jeunes volontaires ont été intronisés; ils sont encadrés par le Commandant Jérôme Boulanger, Chef de ce service et pilote du dispositif. 

Pour cette expérimentation, c’est la cité scolaire André-Maurois de Bischwiller qui a été choisie, pour diverses raisons. Le Proviseur, Philippe Bouchet, a fait part de sa volonté de favoriser toute initiative en matière d’engagement citoyen dans son établissement et a immédiatement soutenu le projet. De plus, elle a cela de particulier qu’elle regroupe un collège classé Réseau d’Education Prioritaire, une SEGPA et un lycée général et technologique. Fait rare dans le Grand Est et unique dans le Bas-Rhin, cette classe de Cadets concerne donc à la fois des collégiens (11 élèves de 3e) et des lycéens (2 élèves de 2nde) de classes différentes.

 

En outre, Bischwiller est un « bassin à risques intéressant », « ce qui veut dire qu’il y a des risques à la fois diversifiés et avérés », explique le Commandant Boulanger. « Le long du Rhin se trouvent plusieurs industries classées SEVESO seuil haut, qui font l’objet de mesures de prévention de sécurité particulières par rapport aux risques générés par leur production. L’autoroute toute proche, mais aussi le Rhin, sont d’importants vecteurs de transport de matières dangereuses, notamment d’hydrocarbures véhiculés par péniche. Et la bande rhénane est une zone où les orages font régulièrement des dégâts en termes d’inondation. Tout cela fait qu’il est intéressant pour les élèves d’être sensibilisés aux différents types de risques ».

 

Une majorité de filles

« Ça a été compliqué car on a eu beaucoup plus de candidats que de places : 65 élèves étaient intéressés », énonce le Commandant. « On a expliqué le concept à leurs parents, et l’importance de bien réfléchir : on voulait des jeunes capables de s’engager véritablement à être présents à toutes les séances de formation. Puis on a demandé aux élèves toujours intéressés d’écrire une lettre de motivation. Ils ont dit s’intéresser aux métiers de la sécurité civile ou de la sûreté, vouloir voir l’envers du décor, vouloir aider les gens et sauver des vies… ». 

 

Trente entretiens individuels en ont découlé, pour ne retenir que 13 candidats. « Ce qui nous a surpris, c’est qu’il y a une majorité de filles (8 contre 5 garçons). « Elles sont très investies, très curieuses dans leurs missions, je suis toujours épaté ! ». Concrètement, les 13 Cadets nord-alsaciens se retrouvent un mercredi sur 2 pour cette option scolaire, soit 45h de formation en 15 séances au total. Avec 3 objectifs : connaître les différents types de risques (naturels, humains, technologiques), savoir concrètement quelle conduite adopter face à ces risques, et rencontrer les personnels de secours engagés contre ces risques. 

 

Formation premiers secours

« Tous ces élèves sont formés au secourisme, au niveau de base PSC1 [Prévention et Secours Civique de niveau 1] », indique le Commandant. Cette formation, d’une dizaine d’heures, leur permet de savoir « se protéger eux-mêmes et protéger les personnes impliquées dans l’incident ou l’accident. Ils apprennent à passer une alerte correcte au service de secours en précisant l’adresse, la nature du problème, le nombre de personnes impliquées, etc. Puis à mettre en œuvre quelques techniques de secourisme, comme faire un massage cardiaque et mettre en place un défibrillateur, lutter contre une hémorragie et faire face à un malaise ». 

 

Un apprentissage pratique indispensable, notamment au regard du contexte d’attentat
«qui ne concerne pas que la capitale », souligne le sapeur-pompier. «Ça permet de dédramatiser les situations d’urgence. L’appréhension vient de la méconnaissance, quand on sait ce qu’on doit faire on a plus de sang-froid pour gérer la chose». 

 

Information sur les conduites à risque

Les Cadets sont en outre sensibilisés aux différentes menaces que peuvent rencontrer les acteurs de la sécurité civile. Durant cette approche théorique, les conduites à risque leur sont rappelées, comme le fait pour un conducteur de consommer de l’alcool ou des stupéfiants, ou de traverser un torrent généré par une inondation. Ils se sont aussi rendus à Gambsheim, pour visiter l’entreprise Riss et Hammes, spécialisée dans le transport de matières dangereuses en camion-citerne. « Ils ont appris que s’il y a une plaque orange à l’arrière de la citerne, ça veut dire qu’elle transporte des matières dangereuses. Cette plaque comporte 2 numéros : le ’’code danger’’ et le ’’code matière’’, qu’il faut si possible donner aux secours pour leur permettre d’anticiper le danger ». 

Puis direction le Centre d’Alerte Rhénan d’Informations Nautiques de Gambsheim (CARING), «l’organisme des voies navigables de France qui assure le suivi de tous les bateaux navigants sur le Rhin entre Bâle et Lauterbourg» pour une autre visite de terrain. « Le CARING connaît précisément tous les chargements, il est en 1ère ligne en cas d’accident ou de pollution ». 

 

Mise en situation réelle

Dans la mesure du possible, les Cadets sont aussi mis en situation réelle pour qu’ils adoptent les bons réflexes. Ils ont eu l’occasion de participer à un exercice de désincarcération, avec les sapeurs-pompiers de Bischwiller, et au mois de mai est prévu un exercice de synthèse, avec la simulation d’un accident routier réel (mais figé) impliquant un scooter et une voiture. « Les élèves devront intervenir pour protéger et secourir, aux côtés des sapeurs-pompiers, des forces de l’ordre et du SMUR de Haguenau », annonce le chef du dispositif. Et bientôt, ils participeront à un exercice sur le risque d’attentat. « On leur demandera de se protéger à l’intérieur de leur salle de classe, de bouger le mobilier par exemple pour bloquer les entrées et faire des boucliers ». 

 

Rencontre des acteurs de la sécurité civile

Pour parfaire leurs connaissances, les Cadets sont aussi amenés à rencontrer les différents acteurs de la sécurité civile. Ils se sont récemment rendus à la base d’Entzheim pour découvrir l’équipage Dragon 67 et son hélicoptère médicalisé. Dans le cadre du risque attentat, ils ont rencontré les équipes de démineurs de la sécurité civile, ainsi que celles de sauvetage/déblaiement qui interviennent en cas de risque sismique et d’effondrement, et le conseiller technique départemental plongeur, qui est le référent en matière de risque aquatique chez les sapeurs-pompiers. En plus des pompiers, les Cadets sont amenés à se familiariser avec les équipes de police municipale, de la gendarmerie, du SAMU, et d’associations de secouristes agréées sécurité civile. 

 

Et au sein de l’équipe pédagogique, les Cadets se sont rapprochés des ASSEC, les assistants de sécurité. « L’organisation interne de l’établissement André-Maurois distingue, au sein du personnel, les jalonneurs et les recenseurs. Les jalonneurs sont ceux qui se positionnent à des endroits clés pour accueillir et orienter les secours jusqu’au lieu de l’intervention, et les recenseurs sont chargés de compter l’intégralité des personnes à évacuer, ce qui permet de n’oublier personne, par exemple un élève qui serait allé aux toilettes », explique le Commandant. « Ce dispositif a été présenté aux Cadets pour qu’eux-mêmes puissent être reconnus comme des assistants de sécurité dans leur établissement et prêter main-forte en cas de besoin ». 

 

Des citoyens responsables et engagés

Et tout au long de leur formation, les Cadets suivent un fil rouge : les valeurs de la République. « Les sapeurs-pompiers sont une institution qui met en œuvre ces valeurs au quotidien : le don de soi, l’abnégation, l’intérêt général, le travail d’équipe… », cite le Commandant. « Cette formation, en leur permettant une pratique concrète, est le meilleur moyen de les sensibiliser à ces valeurs. Par exemple, quand ils devaient manipuler l’extincteur, le 1er réflexe des jeunes était de prendre leur smartphone pour filmer. Mais pour que les suivants puissent faire l’exercice, il fallait réarmer la goupille. Ils devaient donc avant tout penser aux autres, et poser leur téléphone ». 

 

Car l’objectif premier des Cadets est avant tout d’en faire des citoyens acteurs de la sécurité civile. « Le but n’est pas d’en faire tous des pompiers, mais de leur montrer que l’engagement citoyen se vit au quotidien. Même si, bien sûr, il peut aussi se faire au sein d’associations ou de structures d’Etat ou territoriales, comme chez les sapeurs-pompiers », glisse le Commandant, qui en tant que Chef du service Développement du volontariat et de la culture de sécurité civile, effectuera un bilan à la fin de l’année pour voir lesquels souhaitent rejoindre les sapeurs-pompiers volontaires. En effet, si le département compte plus de 4500 pompiers volontaires (pour plus de 600 pompiers professionnels), et que chaque année environ 300 nouvelles personnes s’engagent, « cela ne permet pas de couvrir les départs. Donc nous recrutons, notamment chez les Jeunes Sapeurs-Pompiers qui ont entre 12 et 16 ans », ajoute-t-il. A noter que cette expérience de Cadet de la sécurité civile n’est pas sanctionnée par un examen final, mais donne lieu à un diplôme, et pourrait prochainement être valorisée à l’oral du brevet. 

 

Après ces premières expérimentations, l’objectif serait d’étendre le dispositif à d’autres établissements scolaires. « Notre Directeur Départemental, le Contrôleur Général Alain Gaudon, serait favorable à la création de 2 nouvelles classes pilotées par le SDIS 67 dès la rentrée prochaine. Ce pourrait être, territorialement parlant, une classe dans le sud du département, une autre dans le nord, et une dans l’Eurométropole. Un dispositif tournant peut aussi être envisagé », indique le Commandant Boulanger, qui aimerait un ancrage de proximité plus fort avec pourquoi pas, dans l’idéal, une classe de Cadets par compagnie, soit 7 classes dans le département.

 

Renseignements : www.sdis67.com   


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