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Les nouvelles mesures sur la route


Le 1er juillet, on lève le pied. Ce n’est pas l’accroche de la mesure qui entre en vigueur cet été, mais c’est une réalité. Le nouveau slogan officiel est : « Rouler moins vite, c’est sauver plus de vies. »

  

Pour valider sa décision de réduire la vitesse à 80km/h sur le réseau secondaire, une mesure impopulaire qui ne concerne « que » 2 500 km d’asphalte dans le Bas-Rhin, 400 000 en France, le gouvernement s’appuie entre autres sur un rapport de la Sécurité routière sur l’accidentalité qui vise les routes sans séparateur central, là où la plupart des accidents ont lieu. Les voies rapides avec terre-plein central ne sont pas concernées. 

 

Les chiffres ne parlent pas à 59% des Français qui s’y opposent, d’après un sondage Harris Interactive, malgré les arguments du Premier ministre Édouard Philippe, très déterminé qui assure que cela «sauvera des vies», plus de 400 par an. Son objectif est de faire reculer le nombre de morts sur les routes, 3693 en 2017, près de 25 000 personnes gravement blessées à la suite d’un accident routier. C’est beaucoup trop, mais c’est bien loin des années 70 : on se souvient que le total de morts dépassait 10 000 chaque année, 18 034 en 1973. Après 30 ans de progrès, la courbe est repartie à la hausse depuis trois ans.
9 579 personnes ont perdu la vie sur les routes « bidirectionnelles » depuis ces cinq années.

 

Les chiffres de l’étranger

Les associations d’automobilistes et de motards, elles, contestent les chiffres d’accidentologie et l’efficacité de cette mesure en s’appuyant sur les statistiques venues de l’étranger : la part de tués hors agglomérations et hors autoroutes est de 62,80 % en France quand elle est de 57,70 % en Allemagne alors que la vitesse est limitée à 100km/h. En Espagne c’est 57,50 % pour 90km/h. Même chose en Italie pour un pourcentage de tués de 47,3. Au regard de ces statistiques, la limitation à 80 km/h ne semble pas une évidence pour diminuer le nombre de morts sur les routes françaises, pas la solution miracle. Au Danemark, le passage de 90 à 80 fut un échec. Le problème est peut-être à chercher ailleurs, dans le dossier de l’état des routes par exemple, même si, le rapport publié par la Sécurité routière à propos des routes « bidirectionnelles » (sans séparateur central) est clair : on croit que ces routes sont les plus sûres, en réalité ce sont celles qui enregistrent le plus d’accidents mortels. Les routes départementales ou nationales qui seront concernées par la réduction de 90 à 80km/h le 1er juillet sont donc les plus dangereuses. Point. Alors que le réseau « très local » de voies communales contribue peu à l’accidentalité routière, on ne peut pas en dire autant des réseaux principaux, constitués de départementales et de nationales : sur 20 % des « bidirectionnelles », les plus chargées au niveau du trafic, se concentrent 55 % de la mortalité routière totale en France entre 2012 et 2016. Ce rapport sur l’accidentalité des routes nationales et départementales à chaussée unique est « une réponse aux interrogations de certains départements ». Sans doute aussi aux critiques de nombreux automobilistes et motards qui souhaitent une amélioration des conditions de circulation. 

 

Des sénateurs réagissent

Pourquoi n’est-il pas imaginable de faire un état des lieux plus précis, de faire du cas par cas, de limiter cette mesure à certaines voies seulement, et de rénover les infrastructures routières ? Pourquoi n’est-il pas possible de laisser les départements décider ? 

 

Cela éviterait une baisse uniforme de la vitesse, sans tenir compte de la spécificité des routes. Le gouvernement ne semble pas prêt à faire des aménagements, d’organiser la mise en place de « concertations départementales », de dresser une liste de routes dangereuses, comme le demande un groupe de sénateurs à fond sur le sujet. Pour l’association « 40 millions d’automobilistes » la solution proposée par les sénateurs est « la bonne idée, la seule qui permette une mesure équilibrée et acceptable par tous ». 

 

Les radars embarqués

Il est peut-être plus simple d’encaisser l’argent des radars fixes sans voir plus loin, sans réellement comparer les chiffres des pays qui nous entourent et de multiplier les radars embarqués qui viennent de faire leur apparition sur le territoire. En effet, depuis le 23 avril, ces appareils sont à bord de véhicules exploités par Mobiom, une société privée qui a gagné ce nouveau marché. Les radars verbalisent en roulant ou à l’arrêt, incognito. Bon, seulement en Normandie pour le moment, pas encore en Alsace, on a le temps de se préparer. À propos des flashs, le gouvernement a réalisé deux millions de jolies photos d’automobilistes hors la loi l’an dernier, avec les nouveaux radars ambulants, il espère atteindre douze millions. 

 

Avec ces nouvelles boîtes, l’idée est de libérer du temps aux forces de l’ordre pour le consacrer à des tâches plus qualifiées, comme l’interception au bord des routes pour alcoolémie et usage de stupéfiants ou faire respecter les limitations de vitesse. Ah, quand même ! En gros, on nous explique qu’il y a un nouveau contrôle renforcé avec de nouvelles voitures radar, mais que des sociétés privées vont gérer tout ça pour que les forces de l’ordre soient plus efficaces sur le terrain qu’avant la mise en place des radars embarqués ? L’argument du ministère est imparable.

 

Les mécontents se multiplient

Même si le gouvernement argumente que la vitesse est bien l’une des principales causes d’accidents de la route, avec l’alcool et le téléphone au volant, ça grogne en France. Pour certains automobilistes, il y a au moins autant de sondages et de statistiques qui indiquent le contraire des arguments gouvernementaux. Sur les réseaux sociaux, on se lâche, on se plaint d’être considéré comme des moutons. Pour d’autres, les dernières décisions sont des preuves que l’État prend des décisions verticales qui ne tiennent pas compte des demandes des citoyens, juste de leur bonne vision, car les panneaux de limitation de vitesse seront toujours ronds, rouges et blancs, là-dessus, pas de changement. Dommage, on aurait pu imaginer des plaques fluo… ou, pour redevenir plus sérieux, prévoir des adaptations pour les poids lourds, ce qui n’est pas le cas, ils rouleront à la même vitesse que les voitures.

 

Une mesure qui protégera les plus touchés, les 18-24 ans ?

En tout, presque 10 000 personnes ont perdu la vie sur les routes « bidirectionnelles » pendant ces cinq dernières années. Comme souvent, les jeunes conducteurs et leurs passagers sont les plus touchés. La tranche d’âge des 18-24 ans représente 20 % des décès sur ces routes, suivies de près par les 25-34 ans (18 %). La part des plus de 75 ans, c’est 11 % des tués. Les victimes sont à 62 % des automobilistes et à 17 % des motards. 

 

Plus les départements sont ruraux et montagneux, plus ces routes se révèlent mortelles, avec la vitesse comme cause principale. Au vu de ces statistiques sur les causes de mortalité sur le réseau des routes
« bidirectionnelles », le rapport du gouvernement dit que : « le choix qui a été fait d’abaisser la vitesse de 10km/h sur la plus grande partie de ce réseau est pleinement conforté » ; la vitesse arrive en tête des facteurs de mortalité routière sur ces axes le plus souvent secondaires, avec 28,5% des cas.
Cette cause est excessivement élevée chez les plus jeunes (46% pour les 18-24 ans, 44% chez les 25-34 ans). Le rapport précise également que le dépassement des taux d’alcool autorisés est plus fréquent sur ce réseau routier que sur l’ensemble des réseaux.

 

Dans le Bas-Rhin

Quelles conséquences pour les collectivités locales ? Quel sera le prix à payer ? En Alsace, il y a 250 panneaux à remplacer, pour un coût total de 40.000 euros (10.000 pour le Haut-Rhin, 30.000 pour le Bas-Rhin, que l’État a promis de rembourser), un coût modeste par rapport aux 40 millions d’euros consacrés à la gestion des routes secondaires tous les ans.

 

Une responsabilité individuelle

Nous ne sommes plus en 1899, date des premières limitations de vitesse, quand il était interdit de dépasser 30 km/h en rase campagne et 20 km/h en agglomération. Maintenant, le danger peut surgir à chaque instant, mais la route est d’abord une question de responsabilité personnelle. Bien sûr, s’il n’y avait que des conductions sans téléphone à la main, sans une goutte d’alcool dans le sang, respectant la vitesse maxi autorisée, il y aurait moins de morts, c’est une lapalissade. Alors, même si c’est d’abord aux automobilistes de faire attention aux règles et au Code de la route, il n’est pas certain que la limitation à 80 responsabilisera les conducteurs pour autant. Surtout qu’il reste quelques questions, quelques cas particuliers : la vitesse des jeunes conducteurs en conduite accompagnée, que fait-on par mauvais temps ? etc. 

 

Vivement les voitures intelligentes 

Si l’humain ne l’est pas assez, on peut miser sur une vulgarisation rapide de la mobilité intelligente. Les firmes sont presque prêtes à lancer la commercialisation d’engins conçus pour un nouveau modèle de société. Des véhicules qui vous déposent et se garent seuls, qui roulent sur des routes qui les rechargent. L’électronique est de plus en plus présente dans les habitacles, les expériences sur le sujet démontrent que le nombre d’accidents se réduira considérablement. C’est peut-être cela qu’il faut développer au plus vite, au lieu d’une petite mesure qui est loin de faire l’unanimité. Mais comme les chiffres ne se trompent jamais, rendez-vous dans quelques mois pour connaître l’efficacité de cette nouvelle loi de la route.   


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