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Les addictions chez les jeunes


Une enquête conduite par l’institut IPSOS Public Affaires portant sur la perception des addictions chez les jeunes et sur l’acceptabilité des différentes mesures de prévention et de soins, nous donne une photographie du monde dans lequel nous vivons qui peut faire froid dans le dos et mal au ventre. 

 

L’analyse* s’est centrée sur les niveaux de consommation, l’appréhension par les parents des consommations des jeunes, le taux d’accessibilité aux produits, le niveau de connaissance des risques par les jeunes. Elle traite également de la perception plus ou moins positive de certaines mesures de prévention et de soins. 

 

La liste des addictions

Pas très surprenant, l’utilisation des écrans, réseaux sociaux et jeux vidéo, à la fois aisément disponibles et presque gratuits, est spectaculairement élevée chez les jeunes, et plus encore chez les adolescents : 26% des 18-22 ans passent plus de 5 heures par jour sur les réseaux sociaux. 10% y consacrent plus de 8 heures chaque jour ! 16% des 18-22 ans disent passer plus de 5 heures par jour sur les jeux vidéo et 7% plus de 8 heures. Les garçons consacrent deux fois plus de temps que les filles aux jeux vidéo et à l’inverse, les filles passent deux fois plus de temps sur les réseaux sociaux que les garçons. 

13% des jeunes jouent au moins une fois par semaine aux jeux d’argent. La consommation de vidéos pornographiques semble en augmentation constante : 21% des jeunes (dont 15% des 14-17 ans) sont en contact avec ces images au moins une fois par semaine et, encore plus problématique, 9% quotidiennement.

 

69% des jeunes estiment qu’il est facile de se procurer du cannabis, et 46% d’obtenir de la cocaïne, de l’ecstasy, MDMA ou GHB (et 34 % des mineurs), alors forcément, 9% des jeunes Français disent fumer du cannabis au moins une fois par mois. Pour la cocaïne, l’ecstasy, MDMA et GHB, 3% des 14-17 ans déclarent en avoir déjà consommé. La proportion grimpe à 5% parmi les 18-24 ans (3% consomment au moins 1 fois par semaine). 

 

Les foyers les plus touchés

Cette étude confirme une consommation importante d’alcool et de tabac chez les jeunes. Pour l’alcool, plus les jeunes sont diplômés, plus leur consommation hebdomadaire est importante. Pour le tabac la consommation est inversement reliée au revenu mensuel des parents : les enfants de milieux défavorisés fument plus. Pour la consommation de tabac, cannabis, cocaïne, ecstasy, GHB, jeux d’argent, porno, jeux vidéo et réseaux sociaux, les jeunes dont les parents ont des revenus modestes (inférieurs à 2500 euros/mois) sont beaucoup plus exposés que ceux appartenant à un milieu aisé (revenus supérieurs à 3000 euros/mois). Ceux des milieux défavorisés sont les premiers clients de jeux d’argent.

 

Les jeunes obèses sont particulièrement vulnérables, ils sont deux fois plus que les autres sur leurs écrans, ils minimisent clairement tous les risques des addictions aux produits et présentent des signes de fragilité psychologique. 

 

Une bonne connaissance des risques ?

Contrairement à ce que l’on aurait pu penser, les jeunes possèdent une bonne connaissance des risques (dépendance, maladies graves, accidents de la route, échecs scolaires ou professionnels, risques financiers, risques d’isolement, de dépression ou de suicide). Sans doute parce que la prévention des conduites addictives en milieu scolaire s’inscrit dans une démarche globale d’éducation à la santé à l’école. Cette prévention est intégrée dans les programmes dès l’école primaire et tout au long du cursus scolaire. Les informations sont globalement bien passées et ont porté leurs fruits, notamment auprès des plus jeunes. Les jeunes associent les addictions à un risque élevé d’agression physique ou sexuelle. C’est pour l’alcool que la mesure de la crainte d’être agressée fait apparaître l’écart le plus grand entre les garçons et les filles. À propos des risques liés à l’utilisation permanente des écrans, les études actuelles ne semblent pas encore assez fiables pour parler, par exemple, de baisse des capacités d’attention et de réflexion profonde, malgré la dépendance avérée. 

 

Cette enquête et celles qui sont certainement en cours doivent pousser les pouvoirs publics à repenser la prévention, car les campagnes d’information ne suffisent pas. De nombreuses questions restent encore sans réponse, par exemple : comment limiter l’accès aux produits interdits ? 

 

Les parents largués ?

Sans les accuser de déni, les parents d’enfants de 14 à 24 ans sous-évaluent nettement la consommation de leurs enfants, notamment des produits licites : 10% seulement pensent que leurs enfants consomment de l’alcool au moins une fois par semaine, alors que 30% des jeunes ont déclaré une consommation de ce type. Idem pour le tabac : 15% des parents pensent que leurs enfants fument des cigarettes au moins une fois par semaine, alors que les jeunes sont 24%.

 

Leur méconnaissance est encore plus importante pour l’utilisation des écrans, la fréquence de la pratique des jeux d’argent ou la visualisation des vidéos pornos. Deux sources importantes de dommages potentiels mal connues des parents. Sur ce point, les actions des pouvoirs publics et leur politique de prévention ne sont pas encore suffisantes. Les jeunes consomment de plus en plus, et de plus en plus tôt, mais ils sont bel et bien conscients des dangers pour leur santé physique et pour leur développement. 

 

Plus de contrôle ?

Les Alsaciens sont en faveur d’une interdiction de toute publicité pour l’alcool (y compris sur les réseaux sociaux), et de la cigarette dans tous les lieux publics. En revanche, ils ne sont pas prêts à accepter des mesures pourtant considérées comme les plus efficaces par les experts internationaux, l’augmentation du prix de l’alcool et du tabac. En ce qui concerne la lutte contre les addictions aux jeux vidéo, aux réseaux sociaux, aux jeux d’argent et à la pornographie, ils aimeraient une aide plus complète de l’État dans le contrôle des technologies qui donnent accès à ces contenus. Du travail en perspective pour le gouvernement actuel et pour les suivants.

 

* Étude sur un échantillon de 2005 individus représentatifs de la population française âgée de 18 ans et plus, un échantillon de 1000 jeunes de 14 à 24 ans représentatifs de cette population, un échantillon de 402 parents d’enfants de 14 à 24 ans  


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