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Les 30 ans de la Fiat Tipo : grandeur, décadence et reconquête


Il y a trente ans, Fiat lançait sa Tipo, une berline compacte qui avait déjà une longueur d’avance. L’histoire de la marque italienne avec ce segment fut ensuite plus contrastée, jusqu’à la sortie, l’an passé, d’une génération dorée qui est venue sceller le nouveau destin de Fiat. Retour sur une grande saga.

 

Nous sommes en 1988, Fiat présente l’héritière de la Ritmo et de la 128. Le monde automobile découvre la Fiat Tipo. Cette berline compacte joue la carte de l’avant-garde. Avec son look de monospace avant l’heure, elle préfigure l’évolution des productions automobiles à venir. Pour l’occasion, Fiat se paye le luxe de lui offrir un designer de renom en la personne d’Ercole Spada, à qui l’on doit l’Aston Martin DB4 GT Zagato. Le constructeur italien s’adresse aux familles en leur proposant une sorte de grande Fiat Uno de prés de 4 m de long. La Tipo de l’époque brille par son habitabilité imbattable, son confort et ses propositions en avance sur son temps. Ces portières, par exemple, peuvent s’ouvrir à 90°. Un détail pratique qui permet à la fois de faciliter l’accès à bord et d’intégrer un tableau de bord d’un seul bloc sur les chaînes de production. La Tipo est aussi le premier modèle de grande série à avoir été développé sur une plateforme modulaire, choix stratégique incontournable aujourd’hui. En effet, le constructeur italien a pu concevoir sur celle-ci la Tempra, qui sera déclinée en break. La Tipo de 1988 est également le premier véhicule produit en Europe à proposer une tôlerie entièrement en acier galvanisé. Mieux, l’ABS est déjà en option. Le succès ne se fait pas attendre : restylée en 1993 sous des traits plus modernes, elle s’écoule à plus de 2 millions d’exemplaires jusqu’en 1995.

 

De mal en pis

Les arrivées de l’Opel Astra et de la redoutable Volkswagen Golf III vont mettre un coup d’arrêt brutal à ce bel élan. Les ventes de la compacte s’érodent. Fiat tente de relancer la machine en sortant le trio Bravo-Brava-Marea. Une audace saluée par les spécialistes qui élisent la brava « Voiture de l’année 1996 ». Jusqu’en 2001, les ventes suivent cet enthousiasme originel, même si elles n’atteignent pas le niveau de la Tipo. Fiat ne se satisfait pas et tente un coup de poker avec la Stilo. La berline compacte voit le jour sous une mauvaise étoile : elle est en effet présentée un certain 11 septembre 2001. Fiat fonde beaucoup d’espoir dans cette nouvelle venue pour laquelle le constructeur a consenti un investissement d’un milliard d’euros. Mais son style très germanique et son positionnement premium ne correspondent pas à l’ADN de la marque. Fiat n’en écoulera que 680 000 unités en six ans de carrière, très loin des 450 000 exemplaires vendus par an attendus. En 2007, une nouvelle Bravo fait son apparition, mais ne parvient pas à relancer la marque sur ce segment très concurrentiel des compactes. Les ventes chutent encore et, en sept ans de carrière, la Bravo II ne trouve que 372 000 preneurs. Fiat a la tête ailleurs et n’a d’yeux que pour sa petite 500. En 2014, le constructeur italien se retire totalement du segment et n’offre aucune remplaçante à sa Bravo. Le groupe est alors en pleine restructuration.

 

La reconquête

Sergio Marchionne, en patron volontaire, redistribue toutes les cartes : Alfa-Romeo ferraillera sur les terres du Premium, face à Audi, BMW et Mercedes ; Maserati aura la mission de représenter le savoir-faire du groupe sur le segment du luxe tandis que Ferrari devra régner sur le très haut de gamme sportif, avec le brio que l’on sait. Dans ce grand jeu de chaises musicales italiennes, il y eut un grand sacrifié : Lancia. Il restait alors à trouver le bon positionnement pour Fiat. Les articulations de Volkswagen autour de Seat, Skoda, VW et Audi, de Renault avec Dacia ou de PSA autour de Peugeot, Citroën et DS, donne des idées au facétieux PDG. Fiat jouera la carte de la jeunesse et du dynamisme avec la 500 et s’adressera aux familles et au grand public avec des modèles au rapport prix/prestations imbattables. C’est précisément là qu’intervient la nouvelle génération de la Tipo. Celle-ci s’attaque aux Peugeot 308, Renault Mégane et Volkswagen Golf tout en proposant des tarifs bien plus serrés. La grande force de la nouvelle Tipo est d’avoir su éviter l’écueil du low cost. Les prestations sont plus qu’honorables avec un niveau de finition soignée, un équipement de série riche (climatisation manuelle, connexion USB, six airbags, etc.) et une habitabilité excellente (le coffre de 440 l est plus grand que celui de la 308 et de la Mégane). Sous le capot, les moteurs sont performants avec un choix restreint mais cohérent entre un diesel 1,6 l Multijet 120 ch et deux essence 1,4 l en 95 et 120 ch. Avec des tarifs d’accroche en dessous de 12 500 € en 4-portes et de 14 000€ en 5-portes, la Tipo s’affiche environ 5 000€ moins chère que ses concurrentes. Les voies du succès sont de nouveau ouvertes.  


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