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Le geocaching la chasse au trésor du 21e siècle


Plus de 3 millions de caches dans le monde, dont plus de 9000 en Alsace. Entre passe-temps et véritable passion, le Geocaching vous fera retrouver votre âme d’enfant et appréhender votre environnement différemment.

  

L’aventure c’est le trésor que l’on découvre à chaque matin » chantait Jacques Brel. De tous temps, nombreux sont ceux à s’être lancés, pleins d’espoir, dans la quête d’un trésor réel ou légendaire, armés d’une pioche, d’un tamis ou d’une poêle à frire. Aujourd’hui encore, chacun de nous peut devenir un explorateur des temps modernes, pour une ruée non vers l’or, mais vers des caches ! 

 

C’est le concept proposé par le Geocaching, un jeu de piste mondialement populaire consistant, grâce à la géolocalisation, à trouver des petits récipients camouflés et disséminés un peu partout en pleine nature ou en milieu urbain, puis à inscrire la trace de son passage. 

 

Naissance du Geocaching

Techniquement, le jeu n’a été rendu possible qu’à partir du 1er mai 2000, lorsque le Président Bill Clinton décide de rendre accessible le GPS (Global Positioning System) au grand public. Avant cela, son exploitation était réservée à l’armée et certains signaux étaient volontairement brouillés pour contrer leur exactitude. 

 

Et cela ne passe pas tout à fait inaperçu: à Beavercreek, près de Portland dans l’Oregon, Dave Ulmer remarque qu’effectivement, la localisation devient tout à coup beaucoup plus précise. « Ce fut miraculeux ! Je sus presque immédiatement que pour la 1ère fois dans l’histoire, des humains ordinaires pourraient découvrir et partager des endroits précis partout sur la planète. Il m’est venu à l’idée de cacher et trouver des trésors », a confié ce féru d’électronique et d’informatique.
« Je suis sorti et j’ai enterré un seau contenant un carnet, un stylo et quelques bibelots, dans un endroit facilement accessible et isolé devant lequel je passais assez souvent. De cette façon, je pouvais vérifier régulièrement cette planque GPS ».

 

Le 3 mai, il poste un message contenant ses coordonnées sur le forum d’un site spécialisé.  « Je n’espérais pas grand-chose car très peu de gens avaient des GPS à l’époque ». 

Pourtant, au bout de seulement quelques jours, cette 1ère Geocache de l’histoire est trouvée par Mike Teague, qui fait spécialement le déplacement depuis Vancouver au Canada. Il est rapidement suivi par d’autres internautes, qui se mettent à cacher et chercher des petites boîtes. Mike Teague commence alors à recueillir et lister ces messages qui affluent du monde entier. Le nom d’origine, « Great American GPS Stash Hunt » est vite remplacé : le Geocaching est né.

 

Quelques chiffres

Aujourd’hui, le Geocaching est devenu très populaire : il rassemble 7 millions de pratiquants dans le monde, et à la mi-avril 2017, la barre des 3 millions de caches – réparties dans 222 pays – a été franchie ! 

 

En France, au 26 février dernier, 251 331 caches étaient recensées. Le Geocacheur français qui en a trouvé le plus en compte 64 300 à son actif !

 

En Alsace, les 3 premières caches ont été posées en 2002. Aujourd’hui, on en compte plus de 9 000 (60% dans le Bas-Rhin), ce qui, si l’on ramène ce chiffre à sa superficie, la classe en 2e position parmi les régions françaises. 

 

Comment jouer

Pour commencer la quête, il suffit de s’inscrire sur le site geocaching.com en se choisissant un pseudo. L’inscription est gratuite et donne accès à une carte interactive sur laquelle toutes les caches existantes apparaissent.
« C’est notre fille qui nous a initiés en octobre 2016 », raconte MiXa0309, un couple de Geocacheurs alsacien d’une cinquantaine d’années qui a aujourd’hui 380 caches à son actif. « Elle nous a dit qu’il y avait des caches tout près de chez nous, ça a éveillé notre curiosité… Quand on a regardé sur la carte, on était surpris qu’il y en ait autant sous notre nez, on ne s’en doutait pas ! ». 

 

Il faut ensuite télécharger l’une des applications dédiées au jeu. Là aussi, le téléchargement est gratuit, bien qu’une version Premium, proposée à une trentaine d’euros par an, offre un plus large panel de possibilités et d’outils. Certains joueurs préfèrent se munir, en plus, d’un GPS. 

 

Chaque cache porte un nom et un code de référencement (GC code). Après avoir sélectionné la cache à débusquer, une boussole apparaît sur l’écran, qui indique la direction à suivre, ainsi que le nombre de mètres à parcourir. Une fois à une quinzaine de mètres de la cache, un petit son retentit qui vous avertit : vous êtes tout prêt ! Il n’y a plus qu’à chercher… en s’aidant, au besoin, de l’astuce et des photos ajoutée par l’owner, le créateur de la cache.

 

Lorsque ça y est, les joueurs peuvent cocher « trouvée » sur l’application. Mais afin d’éviter les tricheries, ils doivent corréler cette information en inscrivant leur pseudo ainsi que la date de leur trouvaille dans le
« logbook », un petit carnet enfermé bien au sec dans la boîte.

 

De belles découvertes

En général, les caches sont placées dans des lieux choisis pour leur valeur géographique, historique et/ou culturelle, que les Géocacheurs ont envie de partager avec leurs congénères. 

 

En premier lieu, il existe des caches
« traditionnelles » pour lesquelles il suffit de suivre les coordonnées indiquées. Outre la carte interactive, l’association Alsace Geocaching liste de nombreux parcours, et propose des Geo-tours, étape par étape, à travers les paysages alsaciens. « Souvent le Geocaching permet de faire une rando sous fourme de boucle. L’application indique la longueur du circuit et tous les sentiers que l’on peut prendre. Chercher les boîtes donne des points d’intérêt tout au long de la marche, ce qui motive les enfants… et les adultes aussi ! » énonce MiXa0309.
« Et en vacances, cela permet de découvrir de beaux endroits qui ne sont pas dans les guides, c’est plus insolite ». 

 

Il est fréquent que les caches renferment de petits bibelots, avec une consigne à respecter : si vous prenez un objet, vous en laissez un autre en échange. «J’aime bien le Geocaching parce qu’on trouve des trésors. Une fois avec mon frère Lucas on a même trouvé une bille ! C’est le plus beau trésor qu’on a trouvé», raconte Loris, jeune Geocacheur de 6 ans. 

 

Et parfois, la surprise est la cache elle-même. En forme d’escargot ou de nid d’oiseau, faux coffret électrique renfermant tout un monde miniature recréé en Lego, ou creusée dans un morceau de bois… Les Geocacheurs ne manquent pas d’inventivité et promettent de belles découvertes.

Jeu de piste et résolution d’énigmes

Vous pouvez aussi vous lancer sur la piste de « Multi-caches » qui vous conduisent d’un point à un autre – les « waypoints » - avant de parvenir à la cache finale contenant le logbook. Elles vous permettront par exemple de vous balader entre Nieder- et Oberseebach, de découvrir la « surprenante église de Seltz » ou de jouer au jeu des erreurs entre Moder et Zinsel, à Schweighouse.
« Dans notre ville natale, il y a beaucoup de multi-caches, on découvre des détails et anecdotes qu’on ne soupçonnait même pas, sur des personnages ou des monuments historiques auxquels on ne se serait pas forcément intéressés de nous-mêmes. Ça permet de creuser un sujet. Parfois, la description contient des photos et il faut retrouver quelle photo correspond à quel endroit » témoigne MiXa0309. 

 

Mais ce que le couple adore, ce sont les « Mystery caches ». « Le propre des Mystery c’est qu’il faut les résoudre chez soi, à la maison, pour obtenir les coordonnées avant d’aller sur place. Certaines sont carrément des casse-têtes, mathématiques ou autres: on peut passer 10 min comme 4 jours à trouver la bonne réponse ! Pour l’une d’elle, nous avons dû fabriquer un polyèdre d’Archimède, une forme géométrique à plusieurs côtés qui doit être construite en volume pour comprend où aller. Les thèmes sont très variés, c’est idéal pour occuper les dimanches de grisaille ». 

 

Une très belle série de Mystery, située au sud de Betschdorf, aborde ainsi les mystères de notre planète à la découverte de mythiques trésors perdus ; une autre, intitulée
« Les Alsachiens » permet de découvrir cet ouvrage de Michel Charvet ainsi que le village de Fort-Louis ; et à La Wantzenau, c’est à l’abordage des Pirates des Caraïbes qu’il faudra partir.

 

Autre possibilité, découvrir des sites d’intérêt géologique grâce aux « Earth caches ». Elles ne sont pas très nombreuses en Alsace du Nord, mais on en trouve par exemple à Cleebourg au sujet du grès blanc, ou au Hochwald, entre Lobsann et Lembach pour expliquer la formation d’un Horst. La particularité de ces caches est qu’il n’y a pas de boîte à trouver, ni de logbook à remplir. « Pour les valider, il faut répondre aux questions posées, souvent grâce à des panneaux explicatifs qui sont sur place. Et pratiquement à chaque fois, il est ensuite demandé de se prendre en photo devant les pierres dont il est question et d’envoyer le tout à l’owner », précise MiXa0309. 

 

Il existe même des « Nightcaches » parées de réflecteurs et à chasser uniquement de nuit. Frisson garanti si vous entamez le circuit des animaux terrifiants entre Brumath et Bilwisheim, ou partez en quête de l’esprit de la forêt entre Niederroedern et Hatten pour Halloween…

 

Un véritable challenge

Pour que chacun puisse en profiter, les caches sont notées de 1 à 5 sur trois critères: la difficulté, l’accessibilité du terrain, et la taille de la boîte. Ainsi au sud de Hoerdt, une cache de niveau T4 précise qu’il faut se munir de matériel d’escalade. « J’en ai trouvé une dans un arbre, j’ai dû grimper, c’était de l’escalade un peu ! » se souvient Loris. « Tu te prends au jeu, tu te mets à faire des choses que tu ne ferais pas en temps normal, comme ramper, t’enfoncer dans un bunker ou mettre ta main dans un trou ! » rigole MiXa0309.

 

Une autre difficulté est de rester discret pendant cette chasse au trésor. Car les non-initiés, appelés les Moldus (en référence aux non-sorciers dans Harry Potter), ne doivent en aucun cas soupçonner qu’une cache se trouve là. « Un jour on a vu une dame qui tournait sur place, l’air gêné… On lui a dit qu’on cherchait probablement la même chose qu’elle, alors elle a rigolé, soulagée que l’on soit aussi des Geocacheurs ! » s’amuse MiXa0309. « Pour cela c’est pratique d’avoir un enfant car il peut trifouiller partout sans que les gens se posent trop de questions ».

 

Enfin, le challenge ultime est d’être « FTF»: First to Find, le 1er à trouver la précieuse petite boîte. « Quand j’ai caché ma 1ère boîte, elle était officiellement en ligne vers 19h, mais plusieurs géocacheurs se sont quand même précipités, en pleine nuit, pour la trouver ! Ça m’a beaucoup amusée » mentionne Lesmileey.

 

D’ailleurs, ces derniers 15 jours, 1218 nouvelles caches ont été placées en France… Alors, bonne chasse ! 


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