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L’Alsace est fière


Quatre karatékas alsaciens ont représenté la France lors de la Coupe Intercontinentale de parakaraté, les 28 et 29 avril derniers à Budapest (Hongrie). Ils sont tous repartis avec plusieurs médailles autour du cou. La Haguenovienne Lise Bonnet (20 ans) et le Griesois Thierry Kertzinger (32 ans) se sont «uniquement» parés d’or.

 

Malgré le voyage en avion et le week-end intense passé à combattre sur les tatamis, Thierry Kertzinger ne semblait pas usé au bout du fil, quelques heures après avoir retrouvé le sol alsacien. « Je ne suis pas fatigué, j’ai l’habitude », lâchait-il, rieur.

  

Dans la capitale hongroise les 28 et 29 avril derniers, le Griesois n’a pas perdu une autre habitude : celle d’occuper la plus haute marche du podium. Sacré médaillé d’or en kata en Belgique il y a deux ans, Thierry Kertzinger a récidivé et a même fait encore mieux. En plus d’une breloque dorée en kata, il s’est offert le plus beau des métaux en ippon kumite (attaque-défense). Une sacrée performance pour celui qui a débuté le karaté il y a 18 ans. « Au départ, j’ai fait ça pour m’équilibrer (1) et rencontrer d’autres personnes souffrant de handicap », indique-t-il. «Mais j’ai toujours voulu faire un sport de combat».

  

Gilles Ihle, son entraîneur au KASE (Karaté Académie Sports Elite) de Brumath, l’a suivi tout au long de son aventure chez les Magyars. « Je l’ai eu au téléphone avant également, pendant et puis après », avoue-t-il. « Il a besoin de nous, le KASE, c’est un peu chez lui. Il a tous ses potes chez nous. On possède cet aspect famille avec des valeurs d’entraide et d’amitié. S’il n’y avait pas cet épanouissement, il n’y serait peut-être pas arrivé ».

  

Kertzinger, débordant d’énergie

Le coach brumathois suit Thierry Kertzinger depuis environ sept années. Aujourd’hui, il est scotché par son évolution et ne se cache pas que « Thierry est une personne très importante pour nous », avant de livrer une anecdote qui illustre parfaitement la volonté du Nord-Alsacien. « Avant l’entraînement où on aborde tous les aspects techniques, on va généralement courir. Je ne lui fais pas de cadeau, et il ne s’en fait pas non plus. Il est à fond la caisse, il s’arrache, il est toujours devant, même si physiquement il est un peu à la traîne et qu’il a des fois du mal à mettre les jambes correctement les unes devant les autres. Mais il y va, il a un mental de folie. Au début, c’était compliqué. Aujourd’hui, il fait 5-6 kilomètres sans aucun problème. Il inspire le respect de tout le monde
au club ».

  

A Brumath, aucune différence n’est opérée. Ceinture noire, Thierry Kertzinger combat principalement contre des « valides ».
«Ça fait partie de son entraînement», justifie son entraîneur. « Il a le même sac qu’un valide avec son kimono et ses protections ».

  

Le triplé de Lise Bonnet

Le trentenaire a réalisé un épatant doublé en Hongrie. La jeune Lise Bonnet (2) a encore fait mieux avec un triplé historique : médailles d’or en kata, en kumite-ippon et en open kata équipe (avec Raphaël et Edgar Foesser). « On est encore sur notre petit nuage », reconnait sa maman Nathalie. Déjà parée d’or lors de la Coupe Intercontinentale en Belgique en 2016 pour sa première compétition internationale, la Haguenovienne a confirmé, alors que l’adversité est montée d’un cran. « En Belgique, il y avait moins de concurrents et le niveau était moins élevé », affirme Nathalie Bonnet.

  

A Budapest, sous le regard de Myriam Millasseau, éducatrice sportive à l’ARAHM (L’Association Régionale
« L’Aide aux Handicapés Moteurs »), Lise Bonnet a su gérer sa nervosité pour arriver au bout. « Elle était stressée, mais sa performance a valu par le fait qu’elle soit restée dans sa bulle. Elle a été aussi et surtout soutenue par ses camarades. Ils ont été très solidaires. Elle s’est surpassée grâce à cela et est allée au-delà de sa peur et de sa crainte. Elle avait de l’appréhension. Mais une fois sur le tatami, elle était détendue. Elle était dans son monde et s’est battue comme une lionne ».

   

Le plongeon, avant le karaté

Durant la semaine, son monde se partage entre Châtenois, où elle est licenciée et coachée par la Roumaine Adela Floricel, et Brumath où elle s’entraîne au côté de Thierry Kertzinger. « Elle s’entraîne entre 10 et 15h par semaine », révèle sa mère. Lise Bonnet a logiquement été récompensée de son investissement et ses efforts en Hongrie. Pourtant, son histoire avec le karaté aurait pu ne jamais prendre forme.

  

« Lise faisait du plongeon à Schiltigheim (avec plusieurs médailles à la clef) avant de faire du karaté », notifie sa maman Nathalie. « Une année, avec la réfection de la piscine, elle ne pouvait plus trop s’entraîner. Elle s’est donc rabattue sur le karaté que pratiquait déjà sa sœur (Léa, 16 ans) ».

  

Avec Lise Bonnet et Thierry Kertzinger, le parakaraté alsacien a de très beaux jours devant lui. Vivement la suite !

  

(1) En plus d’un léger trouble mental, Thierry Kertzinger souffre de problèmes de motricité, surtout d’un côté du corps.

(2) Lise Bonnet est atteinte de divers troubles de l’attention.  


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