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Guillaume Meurice, le rire communicateur


Comme sur France Inter, Guillaume nous a accordé un « Moment Meurice » pour nous parler de son One Man Show, « Que demande le peuple », qu’il joue ce samedi 7 avril à 20h à la MAC de Bischwiller. 

  

Parlez-nous un peu de votre spectacle…

J’interprète un communiquant, qui se trouve être le communiquant d’Emmanuel Macron, mais qui était avant le communiquant d’Emmanuel Valls et qui est, comme tous les communiquants, quelqu’un qui peut travailler avec n’importe qui et surtout pour n’importe quoi, puisque les communiquants sont capables de vendre un pot de yaourt le matin et des éléments de langage pour un politique le soir. Il s’appelle Xavier, et sa mission est de redonner le moral au peuple de France qui, on le sait, est assez dépressif, et champion du monde d’antidépresseurs… C’est un spectacle où il y a pas mal d’interactions, le public à un rôle à jouer, c’est un peu une sorte de duo, je sollicite pas mal les gens, je leur pose des questions, donc il y a un peu d’impro aussi.

 

« Que demande le peuple » a été créé en 2014. Vous l’actualisez sans cesse ? 

Oui, j’actualise, et puis aussi en fonction de là où je joue, je demande un peu l’avis au régisseur, sur l’actu locale, la couleur politique de la ville ou de la région, s’il y a des politiques dans la salle… J’aime bien me renseigner. La structure du spectacle reste la même, mais ça me permet de rajouter des choses, de nourrir le spectacle de ce qui se passe dans la ville, j’aime bien ça.

 

Votre père était cheminot. La grève suivie de la SNCF, vous vous autorisez à en parler dans votre spectacle ?

Oui, il a été cheminot, après il a profité d’un plan de départ volontaire pour acheter une maison de la presse, donc je l’ai connu cheminot que de 0 à 6 ans et demi. Mais il était syndiqué, il a suivi la grève. Dans mon spectacle, j’ai toute une partie sur les syndicats, j’explique la différence entre tous les syndicats qui existent, la CFDT qui sont toujours les 1ers à signer les négociations, et la CGT qui sont toujours à gueuler… 

 

Réconcilier le peuple avec la politique, aujourd’hui, c’est une vision utopique, cynique, ou c’est possible ?

Les Français ont un rapport particulier avec la politique, qui est une sorte de rapport amour/haine. Je fais pas mal de micro-trottoirs dans Paris et même ailleurs en région quand je vais jouer mon spectacle, et quand on les interroge, le refrain qu’on entend le plus c’est : ils sont tous pourris, ils sont tous magouilleurs. Mais quand même, à chaque fois qu’il y a des élections, quand les invités sont des politiques, ça fait des cartons d’audience, il y a une sorte d’ambiguïté… 

Mon analyse perso, c’est que la 5e République est à bout de souffle, et que l’homme ou la femme providentiel(le) c’est un mythe, ça n’existe pas, une personne ne peut pas avoir les réponses aux problèmes de 66 millions. Moi je serais plus pour une 6e République, avec un pouvoir plus parlementaire, mais on n’en est pas là ! Pour l’instant on est dans une course à l’égo, une espèce de casting, c’est pour ça que les communiquants ont un super rôle à jouer là-dedans, et que même si on ne les voit jamais, ce sont eux qui insinuent tout ce côté publicitaire dans les campagnes politiques, avec des slogans, des images retravaillées sur Photoshop etc.

 

Etes-vous aussi cynique dans la vie de tous les jours ?

(rires) Ça dépend parce que le cynisme ça a 2 définitions. Moi le cynisme que j’aime bien c’est celui des philosophes grecs, le vrai cynisme de départ c’est Diogène de Sinope, il vivait dans la rue, c’était un peu une sorte de punk avant l’heure ! Après, le cynisme qui consiste en une immense mauvaise foi et qui tient plus de la tartufferie, c’est amusant à dénoncer dans un spectacle ou dans des chroniques mais ça pollue le reste de la démocratie.

 

Qu’est-ce qui vous offre le plus de liberté : la radio ou la scène ?

Pour l’instant j’ai la chance d’avoir la liberté dans les 2, mais je pense que dans l’absolu c’est la scène, car je suis maître de tout et même du format, si je veux faire 1h15 ou 1h30 personne ne viendra me contraindre. A la radio je suis limité par le temps, mais sur le fond, sur les thèmes, j’ai carte blanche, personne ne relit mes textes avant diffusion. D’ailleurs si je n’avais pas cette liberté là je partirais.  


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