Maxi Flash Maxi Flash sur Facebook Flux RSS


GCO : Des Fédinois se mobilisent


Pas un jour sans que les Bas-Rhinois entendent parler du GCO. Le Grand Contournement Ouest de Strasbourg est un projet né dans les années 1960. A l’origine, il a pour but de soulager l’actuelle autoroute A35. Celle-ci traverse la capitale alsacienne, et est empruntée par quelques 165 000 véhicules par jour. 

Si sur cet objectif, tout le monde s’entend, le projet aujourd’hui appelé COS (Contournement Ouest de Strasbourg), qui vise à construire l’autoroute A355 est lui, vivement critiqué. 

 

C’est une 1ère à Vendenheim. Les 16 et 17 février derniers, les Fédinois ont été appelés à donner leur avis concernant le GCO, via une consultation publique. En effet, ces dernières semaines, de nombreuses choses ont bougé... 

 

Feu vert du gouvernement 

La Déclaration d’Utilité Publique du GCO, signée initialement le 23 janvier 2008, était valable 10 ans. Le 22 janvier 2018, un décret du Premier Ministre a donc prorogé sa durée de validité jusqu’en 2026. La raison est simple : aucun des travaux ne peut être réalisé en dehors de celle-ci. 

 

Bien que ce ne soit pas une surprise, les anti-GCO n’ont pas pris cette nouvelle à la légère. D’autant plus que le jour-même, Nicolas Hulot, Ministre de la Transition écologique et solidaire a donné son feu vert pour lancer ce projet de contournement autoroutier. 

 

Or, l’Etat n’a pas attendu l’avis du Conseil National de la Protection de la Nature (CNPN), pour donner son approbation.
Le 1er, rendu l’été dernier, était négatif. Le 15 décembre, Vinci leur présentait à nouveau son dossier. Sans surprise, l’avis du CNPN, dévoilé fin janvier par l’Association Alsace Nature, est à nouveau défavorable, puisqu’il évoque « un risque fort de dégradation sur le long terme » de la biodiversité. 

 

Le cas de Vendenheim 

Suite à l’accord du gouvernement, le camp des « contre » se divise. Certains maires, dont les communes seront fortement impactées par le GCO, pensent n’avoir plus d’autre choix que de négocier avec Vinci. Des négociations que les agriculteurs de la FNSEA avaient eux aussi entrepris l’année précédente, afin de diminuer les conséquences de cette autoroute. Ce que les opposants n’arrivent toujours pas à avaler. 

 

C’est le cas par exemple de Philippe Pfrimmer, Maire de Vendenheim. Alors que Vinci parle d’un lancement de chantier en août, la municipalité tente d’obtenir des protections acoustiques complémentaires contre le bruit. En effet, Vendenheim sera sans doute la commune la plus impactée par le GCO. Selon les plans, le contournement passera à 80m de certaines maisons fédinoises.  

 

Vinci a donc remis un protocole à Vendenheim. Dans ce document, il promet plus de trois millions d’euros de protections acoustiques supplémentaires, ainsi que divers autres travaux, en échange de mesures visant à faire taire les opposants.
Un protocole que Philippe Pfrimmer a dévoilé lors de la réunion publique organisée début février, qui a réuni 320 participants. 

 

Les Fédinois ne baissent pas les bras 

 

Au sein du collectif GCO Non Merci, on retrouve l’association Les Fédinois Contre le GCO. « Plusieurs raisons nous amènent à être contre ce projet » explique Philippe Ployer, son Président. « D’une part, l’aspect environnemental : le CNPN a lui-même prouvé que les compensations de Vinci n’étaient pas à la hauteur ». 

 

« D’autre part, ce contournement est vendu depuis des années comme celui qui désengorgerait Strasbourg. Or, dans la prorogation de la DUP, on peut lire que l’objet est de créer un axe autoroutier nord-sud pour améliorer le transit des poids lourds entre le nord et le sud de l’Europe. Il ne s’agit donc pas d’améliorer la qualité de vie mais bien d’un axe de transit de marchandises ! On attend 35 à 40 mille véhicules par jour, et les vents dominants vont amener cette pollution et balayer tout l’ouest strasbourgeois. Nous allons donc perdre en cadre de vie, gagner en pollution, et Strasbourg ne va rien y gagner du tout, car 50% des habitants du Bas-Rhin travaillent à Strasbourg, et n’emprunteront pas cette autoroute » ajoute le Président.

 

Une 1ère consultation 

Les 16 et 17 février, 4 questions ont été posées aux Fédinois auxquelles seuls 20% des électeurs ont répondu.
 
« Aujourd’hui, faut-il négocier un protocole d’accord avec Socos-Arcos pour minimiser l’impact sonore du GCO ? » 417 oui (42,9 %), 487 non (50,10 %). 

« Faut-il continuer la lutte et entrer en résistance ? » 648 oui (66,67 %), 253 non (26,03 %).

« Quel est votre avis concernant cette autoroute ? » 134 pour (13,79 %),
790 contre (81,28 %) 

« Pensez-vous que cette autoroute va fluidifier et faciliter l’accès à Strasbourg ? » 127 oui (13,07 %), 801 non (82,41 %)

 

La majorité des votants sont donc contre le GCO, et la plupart ne souhaitent pas de négociations avec Vinci. Philippe Ployer dit ne pas être étonné du peu de participations mais « ceux qui se sont exprimés ont été très clairs ».  Une grosse difficulté freine le collectif : « Comment réussir à faire contrepoids face au rouleau compresseur que sont l’Eurométropole et la CCI ? » se demande Philippe Ployer. 

 

« Nous allons mobiliser au maximum toutes les personnes concernées dans les villages traversés ou à proximité de cette infrastructure, et nous alerterons aussi les villages le long de l’A4, car leur trafic augmentera. Le COS sera payant, mais moins cher tout de même que la Maut allemande, et risque d’amener du trafic, dont celui des camions les plus polluants ».

Quoi qu’il en soit, il dit ne pas baisser les bras. « Nous lutterons jusqu’au bout ».   


Twitshot
Commentaires

Pas de commentaire


Petites annonces


© 2015-2018 Maxi Flash • Tous droits réservés • Réalisation : Jordel Médias
Plan du siteMentions légales