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Croc Blanc, ou comment sauver nos amis à pattes !


Parce que les animaux ont besoin de nous pour les défendre, qu’ils sont encore trop nombreux à être abandonnés, maltraités, et à ne pas avoir de foyer, l’association bischwilleroise Croc Blanc s’en est faite la porte-parole. 

 

647, c’est le nombre d’animaux que l’association Croc Blanc a sauvé en 201 en France, et 150 rien que sur le territoire alsacien. « Le drame de ma vie, c’est qu’on n’arrive pas à tous les sauver », déplore Catherine Moutarde.

 

Voilà 13 ans que cette amoureuse des bêtes a fondé cette association de défense et de protection de l’animal. A l’origine, celle-ci était implantée dans la région lyonnaise, mais lorsque Catherine déménage en Alsace pour des raisons professionnelles, elle crée également une antenne à Bischwiller, qui œuvre pour tout le territoire du Grand Est.

 

Aujourd’hui, Croc Blanc couvre toute la moitié est de la France, avec des équipes en Bourgogne, en Rhône-Alpes, en Auvergne, en PACA, et à Paris-Est. « Nous sommes environs 500 membres en tout, uniquement des bénévoles. Nous ne sommes juste pas présents en Bretagne et dans le sud-ouest, mais lorsqu’il y a un animal en détresse là-bas, nous pouvons le rapatrier ». 

Et depuis 2008, l’association a acquis le statut de fédération, rassemblant en son sein des petites associations indépendantes afin de mutualiser les moyens et les réseaux. Son mantra : « l’union fait la force, car les amis des animaux sont nombreux mais parfois disparates ». 

 

Des animaux à la vie dure

Croc Blanc a pour vocation de recueillir les animaux abandonnés, maltraités ou errants. Il peut s’agir de chats, de chiens et de chevaux. « On travaille aussi pour les chiens catégorisés, comme les Staff et les Rottweiler ; notre mascotte, Nikita, en est un très bon exemple. Très peu d’associations peuvent les prendre, nous on en a beaucoup. En ce qui concerne les chevaux, nous n’avons pas encore de prés en Alsace, mais uniquement à Lyon », précise Catherine.

 

L’association recueille également des NAC, les Nouveaux Animaux de Compagnie, comme des rongeurs et des oiseaux.

 

« Il y a 100 000 abandons par an, dont 60 000 rien qu’en été. Pour les chiens, les abandons ont augmenté de 56% en 2016, et en 2017 c’était une hécatombe ! On récupère des chiens de chasse qui ont une vie compliquée, comme l’autre jour, une chienne de chasseur dont la patte avait été coupée à la hache… Il y a les animaux abandonnés dont on ne retrouve pas le propriétaire, et les animaux dont la maltraitance a été dénoncée, par exemple qui sont laissés sur le balcon des jours durant en l’absence de leur maître ou qui vivent dans leurs excréments. Puis il y a les allergies soudaines, les divorces, les déménagements, les changements de boulot, plus le temps de les sortir… On reçoit facilement 150 mails par jour ! », détaille la Présidente de l’association.

 

Un réseau de familles d’accueil

Croc Blanc ne possède pas de structure physique pour recueillir tous ces animaux. Elle fonctionne donc uniquement grâce à des familles d’accueil, qui sont entre 700 et 750 à l’échelle nationale. « Cela permet de leur éviter l’enfer d’être enfermés en cage, ce qui est d’autant plus important lorsque l’animal a été éprouvé psychologiquement. Ainsi, il peut se poser, et se réhabiliter ».

Aucun animal n’est imposé, la décision d’accueillir et le choix de l’animal est effectué par les accueillants. Quant à la durée du placement, elle dépendra d’une éventuelle adoption. 

 

L’intérêt d’être en famille, outre le fait que les animaux bénéficient de la chaleur d’un foyer, « c’est que l’on connait leurs qualités et leurs petits travers, par exemple si l’animal aime la compagnie des enfants, accepte la présence d’autres animaux etc », décrit Catherine. « Du coup, les adoptants n’ont pas de surprise, et on a très peu de retours ». 

 

Croc Blanc collabore également avec le Cyn’hôtel. Cette pension, établie à Wintershouse, a ainsi recueilli 4 chiens de l’association. « Il s’agit notamment de chiens avec un certain potentiel de dangerosité, ou encore de chiens qu’il faut placer à 4h du matin », raconte la fondatrice de l’association.

 

Pour la famille d’accueil, l’avantage est d’avoir un animal de compagnie sans forcément s’engager sur le long terme. Pendant la durée du placement, les accueillants bénéficient de tarifs avantageux pour tout ce qui est croquettes et litière, et la majeure partie des frais vétérinaires sont pris en charge par l’association.

Et si au fil du temps, les accueillants se rendent compte que leur train de vie est compatible avec l’accueil d’un animal, ils sont prioritaires pour l’adopter définitivement. 

 

Une adoption responsable

Sinon, une annonce est publiée par l’association, afin de trouver de nouveaux maîtres à l’animal. Les futurs adoptants doivent remplir un formulaire, afin de vérifier que les conditions d’adoption conviennent à l’animal, et que l’animal peut convenir à ce nouvel environnement. « Les ’’bons’’ adoptants, on les contacte et on prend une bonne demi-heure pour discuter avec eux. Si tout colle, on organise une pré-visite chez la famille d’accueil. Puis on leur laisse 24h de réflexion, le temps également pour la famille d’accueil de nous dire s’ils n’ont rien vu qui cloche durant la visite. Et si tout s’est bien passé, on amène l’animal chez l’adoptant. On est très présents, on donne des conseils et on effectue un suivi ».

 

Ne sont jamais proposés à l’adoption, les chiens et chats âgés de moins de 10 semaines. L’association s’engage également à identifier, stériliser, vacciner et déparasiter les animaux avant de leur trouver un maître. Si vraiment, l’adoption devait mal se passer pour les adoptants ou l’adopté, Croc Blanc s’engage également à récupérer à nouveau l’animal.

 

Quant aux vieux chiens, une famille d’accueil définitive leur est immédiatement recherchée. « Même ceux-là, on ne les tue pas ! Que l’animal soit vieux, ou dangereux, on ne l’euthanasie jamais* ! Si besoin, nous prenons le temps pour éduquer l’animal, le sociabiliser. Chaque année, 60 000 animaux sont euthanasiés dans les fourrières, pour nous c’est de l’assassinat ! », s’emporte Catherine. (*hors cas de souffrance physique, et après le diagnostic par 2 professionnels que l’animal ne peut être soigné.)

 

Un combat pour les droits des animaux

Car au-delà de la notion d’abandon, le droit à la vie, et à une belle vie, fait partie intégrante des engagements pris par les bénévoles de Croc Blanc, qui luttent très largement en faveur des droits des animaux. A ce sujet, l’instigatrice de l’association n’hésite pas à remettre franchement les points sur les i.  

 

Certes, depuis 2015, l’animal est officiellement reconnu comme un « être doué de sensibilité » (nouvel article 515-14 du Code civil), un changement qui était réclamé depuis fort longtemps, notamment par la Fondation 30 Millions d’Amis. « Mais l’animal est toujours considéré comme un bien meuble, c’est le droit de l’objet qui s’applique. Le seul petit truc positif, c’est que désormais on reconnait que c’est un meuble qui pense, qui a des émotions », souligne Catherine. « Nos lois sont extrêmement minimalistes. Par exemple, le droit français autorise de laisser un chien vivre en chaîne, dehors, toute sa vie, si vous lui jetez de la bouffe et qu’il a un abri, alors qu’en Suisse, c’est interdit ! Autre exemple, dans le Code rural, il est prévu qu’il ne peut y avoir de cruauté envers l’animal SANS NÉCESSITÉ ! Ce qui veut dire que dans certains cas, c’est possible : animaux de labo, corrida et autres traditions… Et si vraiment il y a cruauté, même si en théorie l’auteur risque la prison, dans les faits c’est une amende de classe 4, et de classe 5 si l’animal meurt. Nous nous portons partie civile dans ce cas, on continue de se battre pour changer les mentalités ».

 

En parallèle des missions de sauvetage, l’association s’investit donc également dans des campagnes d’information et de sensibilisation. « On s’adapte aux saisons. En été, on aborde bien sûr les abandons, mais aussi la protection des animaux contre la chaleur, le fait de ne pas les laisser dans une voiture, et de ne pas leur mettre de muselière. En hiver, on ressasse l’idée qu’il ne faut pas laisser les animaux dehors ». 

 

Autre particularité de cette période hivernale: les fêtes de fin d’année. L’occasion d’insister: un animal n’est pas un objet que l’on offre en cadeau de Noël, mais bien un être vivant qui engage ses propriétaires sur de nombreuses années ! « Sur la page Facebook de l’association, nous avons créé un calendrier de l’Avent, avec pour chaque jour, le portrait d’un animal à adopter, pour montrer qu’en ces temps de froid, il est important qu’ils aient un foyer. Par contre, nous bloquons toutes les demandes d’adoptions qui nous parviennent pour Noël, nous ne maintenons que celles qui étaient déjà en cours », indique Catherine.

 

En amont : Resto Animo

Depuis 2009, Croc Blanc agit aussi pour prévenir l’abandon. Pour cela, elle a créé la filiale Resto Animo, présente à Lyon et Strasbourg. « On considère que 30% des animaux abandonnés le sont pour des raisons financières », explique la Présidente. « Resto Animo a donc vocation à venir en aide aux propriétaires d’animaux qui ont des difficultés : les SDF, les chômeurs, les familles nombreuses, les bénéficiaires du RSA, les personnes qui ont un petit salaire ou une petite retraite, et les personnes en situation d’incapacité ou d’invalidité ». L’objectif est ici de permettre à ces gens de maintenir leur relation avec leur animal qui, bien souvent, représente pour eux le dernier rempart social. « On leur donne des couvertures, des accessoires, des croquettes. On vérifie l’identification de l’animal [obligatoire depuis 2009] et si besoin, on l’emmène chez le véto ».

 

Pour cela, l’association dispose de nombreux partenaires en Alsace, tels que des fournisseurs de nourriture, une quinzaine de vétérinaires, des ostéopathes animaliers, des salons de toilettage… « Nous avons beaucoup de frais vétérinaires, de l’ordre de 15 000 € par mois. Les frais d’adoption ne couvrent que 60%, le reste provient des dons », détaille Catherine.

 

Ainsi, l’association compte 3 types de membres: les adhérents (15€ par an), les donateurs (50€) et les bienfaiteurs (100€). « Nous avons beaucoup de membres fidèles, présents depuis le début », témoigne la Fondatrice. « Mais tous n’arrivent pas à tenir sur la longueur, car c’est beaucoup d’urgences, beaucoup d’émotions. Personnellement, j’ai de la chance, je n’ai pas besoin de beaucoup de sommeil ! ».

Il est aussi possible de simplement parrainer un animal, ce qui permet de couvrir les frais quotidiens en attendant l’adoption. Pour un chat ou un NAC, il faut compter 8€ par mois, et jusqu’à 15€ pour un chien.

 

Ce que l’on y gagne ? « Absolument rien », dit Catherine, « si ce n’est l’émotion lorsqu’on voit un animal arriver dans un état pitoyable, et que lorsqu’il est placé en famille d’accueil ou trouve un adoptant, on voit dans ses yeux qu’il est heureux. J’ai toujours combattu l’injustice, alors ça me touche ». N’est-ce pas là le plus beau des cadeaux que l’on puisse leur faire ?

 

www.crocblanc.org  


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